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April 05,2017 - BABCOCK RANCH : LA PREMIÈRE VILLE VERTE AMÉRICAINE

French Wire

April 4, 2017

Dans un pays où le pétrole est roi, concevoir une ville verte qui fonctionne entièrement aux énergies renouvelables n’était pas un projet évident. Et pourtant, la ville de Babcock Ranch est déjà en train de sortir de terre. Cette ville nouvelle, fondée en Floride par un promoteur immobilier, compte accueillir ses premiers habitants en mai 2017. Elle leur propose de tenter une nouvelle aventure en découvrant un mode de vie moins énergivore, plus respectueux de l’environnement et moins pollué. Malgré les difficultés rencontrées pendant la préparation du projet, Babcock Ranch est devenu une curiosité pour les habitants de l’état de Floride et du reste des États-Unis. D’ailleurs cette ville verte pourrait bien montrer l’avenir de l’urbanisme américain.
Un projet immobilier unique aux États-Unis

C’est dans le sud-ouest de la Floride que Syd Kitson, un ancien joueur de football américain devenu promoteur immobilier, a décidé de lancer son projet de ville verte en 2006. A l’époque, la tendance de la consommation eco-responsable est en plein boom aux États-Unis où les discours environnementaux d’Al Gore séduisent la population et où les stars d’Hollywood s’affichent au volant de voitures électriques. Syd Kitson a alors l’idée de s’inspirer des villes nouvelles construites en Chine, à la pointe de la technologie, pour créer une ville verte qui fonctionnerait entièrement aux énergies renouvelables. Il choisit la Floride pour une raison principale : l’ensoleillement important de cet état du sud de la côte Est des États-Unis favorise le déploiement de panneaux solaires. Il se porte alors acquéreur d’un terrain de 38 000 hectares. Il revend ensuite 30 000 hectares à l’état de Floride pour les transformer en réserve naturelle et décide de construire sa future ville verte sur les hectares restants.

La suite du projet va être plus difficile car, avec la crise économique, l’engouement des Américains pour l’écologie retombe rapidement. Il faut plusieurs années au promoteur pour rassembler les capitaux nécessaires au financement de son projet d’urbanisme écologique. La vente des parcelles n’est pas facilitée par le prix : les acheteurs potentiels doivent compter entre 400 000 et 500 000 dollars pour devenir propriétaires d’une maison, soir deux fois le prix habituel sur le marche de l’immobilier de Floride. Heureusement pour Syd Kitson, après plusieurs années l’enthousiasme des Américains pour le projet de développement durable refait surface. Surtout, le projet novateur de Babcock Ranch intéresse les médias qui n’hésitent pas à décrire le projet comme un modèle de ville du futur.

Babcock Ranch : une ville verte pensée pour économiser l’énergie
Et effectivement, Babcock Ranch est une ville verte résolument tournée vers l’avenir. D’emblée, l’architecture du projet a été pensée pour résoudre toutes les questions d’approvisionnement énergétique sans avoir recours aux énergies fossiles. Mieux : la ville doit consommer le moins d’énergie possible, et ce à tous les niveaux, aussi bien pour les habitations des particuliers que pour les ressources des services publics. Les maisons ont été construites d’après les normes écologiques les plus récentes ; leur chauffage et leur électricité sont assurés par les sources d’énergies renouvelables. Les voitures des particuliers et les transports publics roulent tous à l’électricité verte. L’éclairage public fonctionne également à l’électricité verte.
La ferme solaire située à proximité de la ville permet de couvrir tous les besoins énergétiques.
Transport, éclairage, chauffage, électricité… l’intégralité des besoins énergétiques de Babcock Ranch sont couverts par les énergies renouvelables. Et pour que ce projet novateur de ville verte soit réalisable, le promoteur Syd Kitson est ses équipés de développement ont pensé à tout. La ville verte est donc dotée de sa propre unité de production d’électricité : une ferme solaire de 180 hectares installée à proximité des installations de la ville pour les alimenter au quotidien. C’est la Florida Power and Light, une société d’électricité locale, qui aura la charge de gérer cette ferme solaire et de veiller à l’approvisionnement des presque 20 000 foyers de la ville ainsi que de toutes les infrastructures publiques, à commencer par le réseau de transports publics. Car afin de limiter la consommation d’énergie, tout est fait pour encourager les habitants à laisser leur voiture au garage et utiliser à la place les transports en commun. Le réseau de navettes électriques EasyMile dessert toute la ville pour faciliter l’accès au transport.

Les navettes E
EasyMile fonctionnent à l’électricité, et elles roulent sans chauffeur. Leur tracé permettra de couvrir toute la ville pour faciliter l’accès au transport.
Changer les habitudes de consommation énergétique
Dès le mois de mai prochain, les premiers habitants de Babcock Ranch commenceront à emménager dans leur nouvelle ville. Et le défi principal sera certainement de convertir ces 50 000 habitants attendus à un nouveau mode de vie moins énergivore. Délaisser la voiture au profit des transports en commun, privilégier les voies pédestres (80 km de sont prévus pour accueillir les piétons et les cyclistes), rationaliser sa consommation d’énergie domestique… autant de défis à relever pour que le projet soit vivable à long terme. D’ailleurs, contrairement aux autres projets immobiliers de la région, pour le moment Babcock Ranch ne propose aucun parcours de golfe, trop gourmand en énergie et surtout en eau.
Mais Syd Kitson est persuadé que son modèle de ville verte a de beaux jours devant lui, et qu’il peut séduire tous les Américains qui rêvent d’un mode de vie qui s’inscrive dans une démarche eco-responsable. Afin de faciliter l’accession à la propriété des familles aux revenus plus modestes, le promoteur immobilier planche actuellement sur un modèle d’habitation à prix modéré. Pour environ 200 000 dollars, des familles pourraient acquérir une maison 100% verte à Babcock Ranch. Un moyen de rappeler que les nouveaux enjeux de consommation énergétique ne concernent pas seulement les foyers les plus aisés.